Le pouvoir de guérir / Bordeaux 4 septembre 2015

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Dans la continuité du dernier séminaire sur le thème du « rétablissement et de la production des savoirs en psychiatrie », la Sofor de Bordeaux accueillera à nouveau Pierangelo Di Vittorio, cette fois-ci accompagné d’Anne-Laure Donskoy, chercheure indépendante et activiste.

Anne-Laure Donskoy proposera de nous interroger sur « La place de la parole dans une optique de droits de l’homme pour le patient psychiatrique ».

Pierangelo Di Vittorio prolongera la réflexion à partir d’une intervention intitulée : « Le pouvoir de guérir : la fonction politico-thaumaturgique et ses métamorphoses ».

 

Le pouvoir de guérir :
la fonction politico-thaumaturgique et ses métamorphoses

Pierangelo Di Vittorio

Résumé : Si beaucoup de réflexions ont été menées sur les rapports entre clinique et politique, peu ont été consacrées à cette capacité « sublime » de soigner reconnue au pouvoir politique en tant que tel. La raison en est que cette sorte de mythe semble disparaître dans la modernité. La recherche de Marc Bloch sur les rois thaumaturges au Moyen Age explique que pendant plusieurs siècles, on a cru à la guérison miraculeuse des écrouelles par le rituel du toucher (« le Roi te touche, Dieu te guérit »). Pourtant, malgré l’effondrement du système théologico-politique, cette faculté sublime n’a pas disparu, mais elle s’est plutôt métamorphosée. Cette intervention propose d’introduire une analyse sur les différentes formes assumées au cours de l’histoire par cette « fonction politico-thaumaturgique ». Après les rois-médecins des monarchies française et anglaise, le pouvoir « disciplinaire » (Foucault) a prétendu soigner dans les hôpitaux psychiatriques ; puis le libéralisme et la démocratie qui se sont institués contre ce même pouvoir disciplinaire et contre toutes les politiques totalitaires qui l’ont incarné, pensent soigner les malades en organisant la vie institutionnelle sur le mode de la communauté thérapeutique. Nous pouvons également nous demander si ce mythe ne survit pas aussi, malgré tout, dans l’idée du rétablissement, dans la mesure où cette approche affirme implicitement que seule « l’autonomie » du patient, donc une nouvelle figure du politique, « soigne ».

habemus papam

le discour d'un roiEn suivant ces métamorphoses, sera abordée une question qui touche un aspect crucial de notre actualité : le « populisme » ambiant. Des films récents tels que Le discours d’un roi et Habemus papam (ce dernier ayant anticipé la démission de Benoît XVI), posent la question d’un pouvoir qui, loin de montrer sa toute-puissance par sa capacité sublime de guérir, montre toute sa faiblesse en demandant lui-même d’être soigné. Plutôt que de se presser de voir dans cette détresse du pouvoir l’expression de ladite « crise de l’autorité », on peut en effet se demander, si ces faiblesses du corps et de l’âme ne servent pas au pouvoir pour établir un nouveau pacte de croyance : « Je suis un homme ordinaire, comme vous. Ma maladie en est la preuve et, croyez-moi, c’est pourquoi je vais sauver le monde ! ».

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